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In a Direct Line - Photo par Ulli Diemer

La coopérative de Bain rencontre ‘Salaires pour les travaux domestiques’.

Par Ulli Diemer


Un récit à suspense politique.

Introduction

Quand vous vous rendez pour la première fois sur Bain Avenue Apartments à Riverdale, Toronto, un secteur de classe ouvrière environ deux milles à l'est du centre ville, vous avez la sensation que ces appartements appartiennent à un temps et un lieu différent. Il y a quelque chose à leur sujet qui retiennent la saveur d'une époque plus tôt, plus silencieuse, une ère plus sensible (quoiqu'une telle ère a probablement existé seulement dans les réminiscences obscures de nos grands-parents), quelque chose à leur sujet qui semble remuer la mémoire ou l'imagination. Construits juste avant la première guerre mondiale, les 260 appartements d’un, de deux, et de trois chambres chez Bain sont groupés autour de plusieurs cours bordées d'arbres, chacun tenant son propre nom, même le bureau de poste est obligé de reconnaître (The Maples, The Lindens, The Oaks.. -- Les Erables, Les Tilleuls, Les Chênes..). Il y a ici un équilibre que la plupart des plus grands développements manquent, et il y a une tranquillité charmante qui compense en partie l'indigence distinguée qui a surpris le projet au cours des années.

Nous pouvons sûrement supposer que, pour les locataires de classe ouvrière qui sont entrés dans le projet nouveau-accompli pendant l'été de 1914, cet arrangement doit avoir tenu en avant, la promesse d'un avenir paisible, prospère, et stable.

Mais il n'était jamais tout à fait comme cela, naturellement, pas depuis, et pas maintenant, et les dernières années n'ont été aucune exception. Pendant plusieurs années, Bain a été la scène des batailles constantes, la plus récente étant celle qui avait occasionné pendant les premiers mois de 1977; est c’est là le sujet de cet article. À l'issue était l’avenir du complexe et de ses locataires ; la lutte, marquée par une grève des loyers, une organisation porte-à-porte furieuse, des réunions générales orageuses, un référendum à grande échelle, et les résidants qui piquaient les uns contre les autres dans le conflit acrimonieux. Cette lutte, cependant, peut seulement être comprise dans le contexte du projet.

L’histoire de Bain

Les appartements sur l’avenue de Bain ont été construits par un groupe de philanthropes à Toronto qui s’étaient décrits ‘pas comme une compagnie, mais plutôt comme une cause’ entraînant ‘la solution d'un problème qui concerne vitalement la communauté et la nation : un meilleur logement pour des travailleurs’. Et si cette ambition précieuse était nullement en conflit avec l'enrichissement continu de ces bienfaiteurs de corporation, dont la richesse pourrait après tout, être tracés comme le fruit de cette même classe de travailleurs; alors, au moins, Bain avait fourni, au cours des années, un hébergement de qualité plus haut que d’habitude avec des prix plus bas que d’habitude.

Mais les appartements avaient changé de propriétaires, et étaient devenus visiblement plus anciens. Arrivant les années 70, peu du concept original avait survécu.

En automne de 1972, ‘‘the Bain Avenue Tenants’ Association’’ (l’association des locataires) avait été formée pour exiger des réparations et des entretiens nécessaires. L'association avait fait pression sur le propriétaire, et avait commencé à obtenir les résultats, peu à peu. Par exemple, par une coïncidence remarquable, deux des chefs de l’organisation des locataires avaient finalement eu des réparations tardives faites dans leurs appartements quelques jours après que l'organisation ait été formée ; d'autres réparations mineures suivirent. Une visite par des inspecteurs de la ville, qui avait pressurisé à son tour, une attention particulière sur avenue Bain, produisit une gerbe substantielle d'ordres d'entretien et une approche plus systématique à l'entretien de cet endroit, y compris des réparations et l’embauchement d’un personnel additionnel pour l’entretien. Le propriétaire actuel avait même fait son propre chemin en philanthropie; un effort qui l’aurait permis de stimuler sa réputation en affaissement: il avait amené le père noël rendre visite aux enfants juste avant Noël.

Mais tous les adultes qui auraient pu être enclin à se laisser influencer par cet étalage de bienfaisance chrétienne avaient rapidement constaté que c’était Scrooge qui se cachait derrière la barbe du Père Noël. Soudainement, les employeurs des associations de plusieurs locataires avaient commencé à recevoir des appels téléphoniques du propriétaire, disant que les activistes ‘avaient posé des problèmes considérables de gestion dans les appartements’ et ‘dérangeaient les locataires’. Simultanément, tous les locataires reçurent des avis pour une hausse en loyer. En conclusion, après une année d’acrimonie, le propriétaire commenca à émettre des avis d'expulsion aux locataires pendant que leurs baux expiraient - avec l'idée de transformer le développement en condominium cher.

Propriété de la ville

Les locataires répondirent en recherchant d’autres solutions à cet expulsion : propriété coopérative, ou propriété de ville. Par la suite, un accord avait été établi par lequel la ville de Toronto reprit le projet comme logement sans but lucratif avec 6 millions de dollars de financement de la SCHL, acceptant de transférer la propriété à la coopérative des locataires lorsqu'il était convaincu que les locataires pourraient se permettre de gérer le projet indépendamment.

Si initialement il y avait eu quelque doute concernant le meilleur des alternatifs; la propriété coopérative ou de la ville, bien, le doute avait été graduellement enlevé dans les esprits de la plupart des locataires pendant que la ville procédait à démontrer qu'il, en tout cas, n’aurait pas pu gérer le projet seul. L'unique événement principal était la mise en oeuvre des rénovations, que la ville avait tellement gâché que tout le coût du désordre est encore peu clair, bien qu'il soit certain qu'entre le travail incorrectement effectué, le travail non fait, et des entrepreneurs ignorant la ville, des dizaines de milliers de dollars avaient été gaspillés. Naturellement, tout cela sortait du loyer.

Entre-temps, les impôts fonciers sur le projet croîssait parce que, en tant qu’entreprise municipale, Bain avait été imposé à un taux commercial de $20,000 par année, plus élevé que le taux résidentiel qu'il aurait dû payer comme une coopérative. Comme si la situation n'étaient pas assez mauvaise, la société de ville avait réellement oublié de payer la facture d’impôt municipal de Bain à l'heure, de sorte que Bain ait dû payer une pénalité fiscale - à la ville ! Un résidant avait exactement indiqué que ‘The City of Toronto Non-Profit Housing Corporation’ (La société de logement sans but lucratif de ville de Toronto) ‘a le coup de la faillite’.

Gel de loyer

De cette façon, avec les loyers rapidement en hausse, les résidants malheureux se sont retrouvés en train de payer aux profits de la propriété de la ville. Les loyers avait augmenté de 21 pour cent, puis de 10 pour cent. En Octobre 1976, la troisième augmentation de 18 pour cent en un peu plus de deux ans avait été annoncée. Il allait être effectué le Février 1977. Pour empirer les choses, les résidents de Bain avaient trouvé qu'ils n'avaient pas été protégés par la législation de contrôle des loyers d'Ontario : exceptionnellement,, elle n'applique pas au logement sans but lucratif.

Avec chaque nouvelle augmentation, les locataires avaient choisi d’acceder: un refus aurait signifié l’abandonnement de leurs plans pour la propriété coopérative et une éventuelle évasion des embrayages de la ville et l’accompagnement du cycle des coûts croîssants. La bataille n'était pas totalement négative par tous les moyens : elle a réussi à produire une communauté assez cohésive à Bain, bien organisée, avec des buts clairs, impatiente à la passivité de la ville sur le transfert de la propriété, fâchée à la mauvaise gestion continuelle.

Pour un groupe de locataires, cependant, la dernière hausse de loyer était la goutte d’eau qui avait fait débordé le vase. Elle leur avait fait rompre décisivement avec les buts qu’ils avaient partagé précédemment. Ce groupe qui consiste principalement des membres et défenseurs du groupe ‘Wages for Housework Group’ (le groupe ‘Salaires pour les travaux domestiques’), avait commencé à organiser pour un gel de loyer dans le complexe. Leur position était que les locataires de faible revenu simplement ne pourraient pas se permettre les nouveaux loyers. (La dernière augmentation alla jusqu'à $193 pour un appartement d’une chambre, à $253 pour une à deux chambres inférieures, et à $266 pour une à trois chambres inférieures. Celle d’en haut coûta $20 de plus.

Le ‘gel’ groupe préconisa que les locataires refusèrent l'augmentation et continuèrent de payer leurs loyers au vieux tarifs. Ils sondèrent leur position de porte à porte, et puis ils la proposèrent lors d'une réunion générale des locataires en Décembre, promettant solennellement de se conformer à la décision de la majorité.

La réunion générale ne laissa aucun doute. Avec 142 des 400 résidants adultes présents - la meilleure assemblée lors de toutes les réunions générales que le projet ait jamais tenu- la voix alla de 120 à 16 contre l'idée d'un gel de loyer. La colère à propos de l'augmentation était répandu lors de la réunion, mais la plupart des locataires avaient estimé qu'il valait mieux de payer maintenant, de faire quelques sacrifices à court terme, afin de ne pas compromettre les avantages à long terme qu'ils avaient discerné dans la propriété coopérative. Il était consentant que la ville emploierait une grève de loyers comme preuve de « l’irresponsabilité » et ainsi comme des raisons pour refuser d’aller en avant avec le transfert de propriété.

Avec la défaite de leur proposition lors de la réunion générale, le gel groupe avait rapidement changé de tactique. Ils ne pouvaient pas, ils indiqèrent, se sacrifier à l'idée du future propriété pour le bien de quiconque, pas quand ils firent face à des difficultés immédiates. Ils arrivèrent avec plus de littérature, produite et imprimée par le ‘Wages for Housework Group’ de Toronto, et reprirent l'organisation porte à porte. S'ils pouvaient s'inscrire 70 de 260 unités de Bain comme supports, ils dirent, le gel avanceraient de toute façon, au défit de la décision prise lors de la réunion générale des résidants.

Le 1er février, réclamant 55 unités inscrites pour le gel et le soutien d'encore 35 unités subventionnées (la moitié des unités chez Bain avaient reçu la subvention de loyer et n'ont pas été affectées ainsi par l'augmentation) ils avancèrent, payant leurs chèques de loyer au vieux échelon. Cependant quand la fumée s'était dégagée et les chèques de loyer avaient été comptés, , leurs réclamations d'appui s’étaient avérées d’être considérablement exagérées. Seulement 26 unités avaient participé au gel.

Malgré tout, leur action et le média offensif qui y va avec leur attribuèrent beaucoup de couverture de presse compatissante, y compris une histoire de première page fortement favorable dans le ‘Clarion’, un journal de gauche récemment formé à Toronto.

Le conseil des résidants, le directeur élu chez Bain, ripostèrent en installant un programme de subvention interne de secours pour aider ceux les plus gravement atteints par la hausse des loyers, et en critiquant la tactique de ceux qui avaient gelé le loyer comme une tactique qui sépare et qui sera probablement un échec. Ils discutèrent qu'un gel de loyer opposerait les locataires les uns contre les autres et contre trois niveaux de gouvernement simultanément - une bataille qu'ils ne pourraient pas gagner.

Les porte-paroles du groupe de gel, cependant, avaient maintenu que par une action unie, il serait possible de tenir à distance les gouvernements et de garder des loyers là où ils étaient. Ils indiquèrent un projet de logement à Montréal qui, ils dirent, avait récemment livré une bataille semblable qu’il avait gagnée. De plus en plus, aussi, ils critiquèrent le concept de la propriété coopérative lui-même. Il servit à seulement faire des locataires leurs propres propriétaires, ils dirent, laissant les problèmes de base du logement à faible revenu non résolus. Comme alternatif, ils soutinrent maintenant le statu quo - propriété de ville – avec en plus, une organisation des locataires forte afin de protéger les locataires.

Ceux qui soutiennent l'idée de la coopérative répondirent en pointant les avantages à long terme. Les coopératives à Toronto, ils précisèrent, allaient sensiblement plus bien en termes de loyer que le logement sans but lucratif ou le secteur privé. Réaliser ceci encourrait quelques sacrifices à court terme, ils dirent.

Le défait du gel

Les partisans de la coopérative, en attendant, également organisaient le porte-à-porte, contre le gel. Le gel, ils dirent, compromit le projet entier, car il signifia que la facture de loyer ne pourrait pas être payée entièrement. Le gel, ils dirent, était équivalent à une délibération pour saboter la volonté de la majorité. Pour eux, encore plus fâchant que la question d'argent (‘Ils sont en train de dérober tous les autres locataires’ était un commentaire fréquent) était le fait que le groupe de gel avait envoyé des lettres à Central Mortgage et Housing Corporation (CMHC) leur demandant de retarder le transfert de la propriété aux locataires, réclamant que les locataires n'avaient pas vraiment soutenu la propriété coopérative, et que l'aspect du soutien d'une coopérative était dû à l’intimidation de la part d’une ‘petite clique’ qui contrôlait le Conseil des résidants. Des lettres semblables avaient été envoyées à la ville et au maire.

À ce stade, un conflit complètement acrimonieux vint en avant à une autre réunion générale très fréquentée qui vota pour une grande majorité afin de fournir des notices d'expulsion à ceux qui continuèrent de geler leurs loyers, avec une période de deux semaines de grace pour régler leur compte. Les notices allèrent dûment aux dix unités demeurant toujours sur le gel ; tout le monde remboursa immédiatement leur dû, et personne n'avait été expulsée. La grève était terminée.

Le référendum

Le groupe de gel, à ce jour réduit à son noyau original de ‘Salaires pour les travaux domestiques’, avait cependant, toujours une autre carte à jouer. S’ils ne pouvaient pas réduire les loyers, alors ils essayeraient de réduire la coopérative. Une délégation avait été mobilisée à l’hôtel de ville, qui persuada la ville de tenir un référendum chez Bain pour voir si la propriété coopérative avait été vraiment soutenue par les résidants. La ville était seulement trop heureuse de rendre service.

Une autre série de l'organisation des deux côtés s'ensuivit ; Les salaires pour les travaux domestiques avait prévu qu'une solide majorité rejetterait la coopérative.

Pas de chance. Dans une assemblée de 87 pour cent, la voix était 2-1 en faveur de la propriété de la coopérative. Et aux élections pour le Conseil des résidants, les partisans de la coopérative avaient été votés de nouveau au siège.

Comme prévu, les résultats n'avaient pas convaincu le Wages for Housework (Salaires pour les travaux domestiques). Le groupe publia une victoire de revendication dans le communiqué de presse, puis procéda en exigeant que la ville ou la CMHC renverse les résultats du référendum qu'ils avaient eux-mêmes demandés. La ville refusa, la CMHC à son tour devait répondre. Peu de personnes doutaient, cependant, que le transfert de la propriété avancerait comme prévu un peu plus tard cet été là.

Coopérative vs propriété de la ville

À mon avis, il y a deux questions sur lesquelles les événements à l'avenue Bain jettent une certaine lumière.

La première est la propriété de la ville contre le logement coopératif. Il y a un certain nombre de projets résidentiels dans la ville de Toronto qui, pour une raison ou une autre se trouvent eux-mêmes dans une situation semblable à celle que des locataires de Bain avait fait face en 1974. Chacune de ces derniers alternativement discutèrent la question de; s'il vaut mieux essayer de convertir le projet en coopérative, ou s'il vaut mieux faire succéder la ville comme propriétaire dans le cadre de son programme sans but lucratif de logement. Pour avoir des réponses, il vaut mieux étudier l'expérience de Bain, mais il est pas du tout clair que l'évidence se pointe d'une manière concluante dans une direction ou une autre. D'une part, la propriété de la ville semble offrir des avantages et une protection non disponible à ceux qui louent d’un propriétaire privé ; d'autre part, la mauvaise gestion de la ville peut conduire une hausse en loyer encore plus rapidement que le marché - du moins tant que le marché est tenu en règle par le programme de contrôle des loyers d'Ontario, (qui doit expirer l'année prochaine). Les coopératives ont une meilleure expérience professionnelle pour réduire les coûts, mais ceci peut varier : dans des développements plus anciens, les coûts de maintenance peuvent être tout à fait hauts. Les coopératives procurent également aux résidants de plus grandes occasions de prendre eux-mêmes les décisions au sujet de leurs projets, mais finalement, le contrôle des résidants est considérablement limité par le fait que la terre urbaine continue à être commandée par les forces du marché, et par le fait que la coopérative sort gagnante à chaque fois contre l’ensemble des relations qui dominent la vie et imposent des choix dans cette société.

Si on pèse les deux côtés, l'évidence semble indiquer qu'il vaut probablement mieux d'être dans une coopérative déjà-existante plutôt que dans le logement municipal, mais ceci ne signifie pas nécessairement qu'il est préférable de poursuivre l'itinéraire de coopérative dans un projet où les solutions de rechange ont été à peine posées, et où l'objectif final est toujours des années plus loin. La raison est que le processus de devenir une coopérative est extrêmement difficile, chargé de pièges et de problèmes, comme les gens chez Bain avaient découvert. Devenir une coopérative exige beaucoup de temps et d'énergie de la part des organisateurs, des montagnes de travail juridique et de la planification financière sans fin. Il exige, en bref, que les locataires eux-mêmes, dans une entité de corporation disciplinée, fussent capable d'agir avec les bureaucraties gouvernementales qui fournissent le capital nécessaire, et même, dans une certaine mesure, que les locataires deviennent eux-mêmes leurs propres propriétaires. Un des inconvénients majeurs du processus de devenir une coopérative comme il avait eu lieu chez Bain était la manière qu'il avait canalisé l’énergie d'un nombre significatif de résidants actifs et politiquement avertis vers des activités légales et bureaucratiques, et en faisant cela, aida à disperser la conscience et l'énergie politique qui avait été focalisée par la bataille avec l'ancien propriétaire. Chez Bain, il semble que la bataille vallait la peine surtout maintenant que le but a été presque atteint, mais les problèmes rencontrés pendant ce parcours devraient être assez pour faire d'autres projets y penser soigneusement avant de s’embarquer sur le même chemin. Une coopérative est une stratégie, mais ce n'est pas la stratégie. Il n'est d’aucune manière certaine de changer le monde.

Il est ironique qu'une des choses contrecarrant la tendance à la dépolitisation chez Bain ait été précisément une opposition contre la coopérative montée par ‘the Wages for Housework Group’ (le groupe des Salaires pour les travaux domestiques) et leurs défenseurs, qui attira beaucoup de résidants vers une participation accrue dans les affaires du projet, et poussa les gens à penser très fort aux objectif qu'ils voulaient atteindre.

Le rôle des ‘Salaires pour les travaux domestiques’

Le rôle des ‘Salaires pour les travaux domestiques’ dans la lutte chez Bain est la question principale que je veux développer ici, et elle est une question qui semble m’offrir des conclusions beaucoup plus définies que la coopérative contre la discussion de propriété de ville.

Je voudrais éclaicir dès le départ que je n'essaie pas d’évaluer ‘Wages for Housework’ (Salaires pour les travaux domestiques) en tant que tel, ou de leurs demandes politiques générales. Je m’entretiens ici avec le rôle politique du groupe dans une lutte particulière, une lutte, pour être sûr, qui semble indiquer beaucoup au sujet des perspectives politiques et de la tactique du groupe en général.

Avant de m’impliquer dans la situation de Bain, en tant que journaliste couvrant les événements là-bas pour un journal local, mon attitude envers les ‘Salaires pour les travaux domestiques’ avait été que le groupe avait quelques idées valides qu’ils pouvaient contribuer au mouvement socialiste, et que le paiement des salaires pour les travaux domestiques serait une bonne chose si vous pouviez les obtenir, (qui semblait peu probable), mais j’étais en désaccord quand je constatai l’étroitesse dogmatique de leur perspective politique. Je n'avais pas eu, cependant, une occasion particulière d'observer ‘Salaires pour les travaux domestiques’ en action et n'avais pas formé une opinion d'une manière ou d'une autre au sujet de leur pratique politique. Ni je l'aurais pensé approprié, en tant qu'homme, de critiquer dans la presse les stratégies d'une partie du mouvement des femmes. Mais la lutte chez Bain fit participer autant d’hommes que des femmes - en fait, un des porte-paroles principal du groupe de gel de loyer était un homme qui travaillait activement pour soutenir ‘Salaires pour les travaux domestiques’, alors que quelques personnes importantes de l'autre côté étaient des femmes. Et bien entendu, les issues concernèrent les résidants masculins et les résidantes féminins également.

Je devrais également dire que initialement quand j'avais commencé à couvrir le reportage sur le gel de loyer chez Bain, j'étais fondamentalement favorable à la position du groupe de gel de loyer.(1) après avoir entendu les arguments des deux côtés, j'étais pendant un certain temps un observateur plus ou moins neutre, et seulement graduellement, après avoir suivi des événements, des lectures, après avoir assisté à des réunions, et entrevué des personnes des deux côtés, j’étais devenu de plus en plus critique des actions de ‘Salaires pour les travaux domestiques’ et les attittudes qui ont semblé être à la base de ces actions.

La raison pour laquelle je devins critique des ‘Salaires pour le groupe des travaux domestiques’ chez Bain n'était pas principalement en raison des positions qu’ils prirent sur la propriété et les loyers coopératifs en eux-mêmes, bien que j'étais finalement en désaccord avec eux. Mais il est possible pour qu’une personne raisonnable de croire qu'il aurait été plus sage que les résidants de Bain n’eussent pas suivi l'itinéraire de la coopérative, et rejettèrent plutôt qu'admirent l'augmentation en loyer. Mais ce n'est pas l'issue.

Le point clé est que ces questions avaient été minutieusement considérées par les résidants de cette communauté de classe ouvrière ; que tous les habitants du complexe des deux parties avaient été présentés par des feuillets, des brochures, le démarchage porte-à-porte, et des réunions générales, et qu'après ce processus prolongé et tout à fait démocratique, les locataires avaient pris une décision submergeante en faveur de l'option de coopérative et contre le gel de loyer. Pourtant, le groupe ‘Salaires pour les travaux domestiques’, qui plus tôt avait promis d'accepter quelque soit la décision qui aurait été prise, décida d’ignorer la décision, d’étiqueter le résultat comme une ‘manipulation’ et une ‘intimidation’ par ‘une minuscule clique’, de mentir à propos des événements qui s'étaient produits et au sujet de leur propre appui, d’éssayer d'utiliser tous les moyens, y compris le sabotage délibéré du projet entier, pour obtenir leur guise.

Quelques points devraient être soulevés :

Tout d'abord, l’affirmation faite par le groupe ‘Salaires pour les travaux domestiques’, et répétée ailleurs, que la lutte était entre un groupe de pauvres locataires, particulièrement des femmes qui dépendirent de l'aide sociale et luttèrent pour survivre, et un groupe aspirant à devenir des ‘propriétaires des maisons de classe moyenne’ est fausse. En fait, la moitié des locataires chez Bain sont assez pauvre pour recevoir des suppléments de loyer gouvernementaux ; presque tout le reste sont aussi bien de la classe ouvrière. Une grande majorité des deux groupes de locataires s’étaient opposées au gel de loyer et ils étaient en faveur de la coopérative. Les douze membres du Conseil des résidents, le directeur élu chez Bain, (« la minuscule clique ») avaient été tirés également de chaque groupe. Neuf des douze personnes étaient des femmes, trois d'entre elles, des mères célibataires.

Ni est-il vrai, généralement, que les plus pauvres résidants étaient les plus gravement atteints. En fait, les résidants dont les revenus était assez bas pour être qualifiés pour des subventions n'avaient pas du tout été affectés par l'augmentation. Leurs loyers étaient demeurés les mêmes ; l'augmentation avait été couverte par une augmentation de leur subvention. En outre, ceux qui n'avaient pas été qualifié pour des subventions, mais qui étaient gravement atteints par l'augmentation, avaient été offerts et reçurent une subvention interne des dépenses de fonctionnement de la coopérative elle-même.

Il ne faudrait pas nier que l'augmentation de loyer de 18% était un coup désagréable. Mais c’était une situation dans laquelle les locataires étaient entrés avec leurs yeux ouverts, un fardeau qu'ils avaient délibérément choisi d'épauler. La raison pour laquelle ils firent ainsi étaient leur décision d'accepter une certaine baisse dans leur niveau de vie à ce moment là, afin de réaliser la propriété coopérative, qui réduirait leurs coûts à la longue, et leur apporteraient un plus grand contrôle sur leur environnement de vie. (Il faudrait également préciser que les loyers à Bain après l'augmentation, sont toujours généralement équivalent ou inférieurs à des loyers à Toronto.) Par ailleurs, le fait que 26 unités sur 260 firent une grève des loyers par eux-mêmes quand tous les autre refusèrent, signifia que les autres locataires avaient dû payer plus de loyer qu'ils auraient autrement payé, afin de composer la différence dans toute la facture de loyer payable à la ville. Ceci fit que quelques locataires avaient amèrement remarqué que c'était un cas de la bourgeoisie alimentant outre des travailleurs.

Cependant, pour beaucoup de personnes chez Bain, le problème important n’était pas économique. Il était plutôt celui du contrôle. Evidemment les résidants voulaient payer aussi peu de loyer qu’ils pouvaient, aucun doute à ce sujet. Et ils pensèrent qu'une coopérative serait la meilleure manière d'atteindre ce but. Mais au cours de cinq ans, en se bataillant avec les propriétaires privés et publics, et en tolérant la mauvaise gestion constante, ils étaient arrivés à un engagement très ferme à contrôler leur environnement de vie collectivement, même s’il signifia de faire quelques sacrifices financiers à court terme.

Ils n'avaient pas voulu un propriétaire – ils souhaitèrent diriger l’emplacement eux-mêmes. C'est seulement à la lumière de cette détermination que la lutte chez Bain peut être tout à fait comprise. D'autres issues étaient filiales, questions tactiques. La chose qui a divisé la majorité des résidants contre le groupe ‘Salaires pour les travaux domestiques’, était leurs opinions diamétralement opposées, sur qui devrait gérer l'endroit.

Tandis que la majorité étaient disposées à prendre les risques et les fardeaux que la commande des résidants pourrait entraîner, le ‘Salaires pour le groupe des travaux domestiques’ avaient rejeté le but de contrôler l'endroit hors de toute réflexion, le caractérisant alternativement comme quelque chose de non pertinent aux besoins réels des personnes ou comme chimère utopique. Ils ne s’inquiétaient guère qui géraient l'endroit, tant que leurs loyers ne montaient pas : une position myope même en ses propres termes, puisque la plupart des coopératives ont une meilleure expérience professionnelle concernant les loyers à la longue. En faisant leur point de droit contre la coopérative, ils diffusèrent délibérément et d’une façon cynique, aux craintes des personnes, de prendre en charge eux-mêmes en suggérant toutes sortes de problèmes qui pourraient surgir (2) - comme s’il n'y avait pas eu un nombre incroyable de problèmes, pour aussi longtemps que les gens pourraient se souvenir avec le propriétaire privé et de la ville.

Le ‘Salaires pour des travaux domestiques’ semblèrent avoir qu’une solution à chaque problème : demander au gouvernement de prendre soin des choses, que ce soit lorsqu’il sagissait de fournir plus de subventions, rapporter la gestion du projet des locataires, ou leur payer des salaires pour faire les travaux domestiques. Et quand ils ne pouvaient pas convaincre les résidants de supporter leurs propositions, ils s’étaient actuellemnt tournés vers les divers corps gouvernementaux pour leur demander d’outrepasser les décisions que les locataires avaient démocratiquement prises. Ils dirent aux gens qui avaient voulu prendre la responsabilité de leur communauté, que l'état devrait prendre soin des choses, qu’ils le voulussent ou pas.

Peut-être la contradiction la plus évidente sur laquelle le groupe s’était attéri était la question sur la hausse en loyer. La majorité était en faveur d'accepter l'augmentation parce qu'elle leur permettrait de se procéder avec le transfert de la propriété, et en quelques mois, se débarrasser ainsi de la société de logement de ville, qui causait l'augmentation par sa mauvaise gestion. Le groupe du ‘Salaires pour des travaux domestiques’ avaient voulu combattre l'augmentation en rejetant l’objectif de la coopérative, donc, d’une manière permanente, laissant la commande du projet entre les mains de la même société de ville qui imposait les augmentations en premier lieu.

En raison de leur engagement à la commande continue du projet de la ville, le groupe salaires pour des travaux domestiques n'eurent aucun scrupule lorsqu’il sagissait d’ignorer la décision que les résidants prirent, ou d’attaquer le processus décisionnel qui produisit ces décisions, ou même de demander au gouvernement d'ignorer les décisions des résidants et d'imposer des solutions sur eux, de l'extérieur.

Ainsi, par exemple, le groupe des ‘Salaires pour des travaux domestiques’

uniformément dénigrèrent les réunions générales auxquelles des décisions avaient été prises chez Bain, alléguant que ces décisions avaient été imposées par le Conseil (executif). Les gens qui participèrent à des réunions générals avaient été caractérisés en tant que dupes du Conseil. C’était naturellement après qu'une réunion générale ait rejeté leur stratégie par une voix de 120-16. Avant cela, ils n'avaient eu aucune critique à des réunions, auxquelles n'importe qui des 400 résidants adultes de Bain pouvaient être présent, où ils pouvaient parler ou voter. Même après qu’ils aient écarté les réunions générales comme des charades, cependant, ils continuèrent de s'avérer aux réunions et à mettre leur cas en avant, et puis écartèrent leurs défaites comme un aboutissement de la manipulation. C'est bien possible que ces réunions ne soient pas des exemples parfaits de la démocratie pure, mais l'assemblée lors des réunions cruciales était plus haut, par exemple, que la participation électorale pour les élections municipales de Toronto, qui avait eu lieu autour du même temps. Quand vous voyez que beaucoup de travailleurs, qui doivent se lever pour travailler le lendemain matin, passant plusieurs heures - leur soirée entière - à plusieurs différentes occasions, dans une discussion face à face au sujet de l’avenir de leurs maisons, vous pouvez être assez sûr que vous êtes en train de voir une forme de démocratie qui est une diminution de ce qui est habituellement considéré comme une société démocratique.

Et en effet les personnes chez Bain sont raisonnablement fières de la façon qu'elles prennent des décisions, de la manière des thèmes principaux sont soulevés en littérature et mis en avant à des réunions, et par la discussion intensive lors des réunions. Comme on pouvait s'y attendre, bon nombre d'entre elles étaient indignées à la demande des Salaires pour les travaux domestiques, que des décisions soient faites par le référendum au lieu de lors des réunions générales. Ces gens l'ont vu comme un pas en arrière du niveau de la participation et de la démocratie qu'ils avaient réalisée.

Mais évidemment la recommandation des Salaires pour des travaux domestiques de prendre des décisions par le référendum seulement avait duré tant que ça leur a pris pour perdre décisivement dans le référendum qu’imposa la ville à Bain après l’incitation du groupe à l’hôtel de ville. Les soi-disant 'délégations de Bain' qui avaient été envoyées à l’hôtel de ville avaient inclus des célébrités telles que Selma James et Judy Ramirez, deux chefs du International Wages for Housework Committee (Comité International pour les Salaires pour les Travaux Domestiques), ni l'un ni l'autre d’entre eux des résidants de Bain.) Une fois qu'ils avaient perdu le référendum, par une marge décisive, ils dégagèrent à l’hôtel de ville et à CMHC, cette fois avec des demandes que les résultats de référendum soient ignorés. Dans leur documentation la plus récente, les Salaires pour des travailleurs domestiques ne suggèrent pas du tout n'importe quel genre de processus décisionnel – ils exigent tout simplement qu'un certain corps gouvernemental – quel que soit le corps gouvernemental - impose leur volonté sur, qu’ils doivent eux-même admettre, est la majorité de résidants de Bain. (Risiblement, ils sont maintenant réduits à dire que « les résultats auraient été différents » si seulement plus de leurs défenseurs, et moins de leurs adversaires, vivaient à Bain !)

Leur refus de faire aucunes concessions aux buts de la démocratie et le contrôle des résidants que la majeure partie des personnes chez Bain ont démontré qu'ils se soucient énormément, semble être attribuable à la théorie politique qui souligne leurs actions. La perspective entière du groupe des salaires pour des travaux domestiques porte apparemment sur une forme particulièrement vulgaire de déterminisme économique : la théorie que les gens répondront seulement, et autour duquel il pourrait seulement être organisée, les issues qui font qu’ils doivent mettre plus d'argent dans leurs poches. La théorie indique que les gens ne peuvent pas être intéressés par quelque chose aussi abstrait que de contrôler leur propre communauté ainsi, donc, ils ne sont pas intéressés, et ils pensent que s’ils le sont, ils se font tout simplement dupés. La philosophie des salaires pour des travaux domestiques est bien capturée dans le symbole qu'ils ont eux-mêmes choisi, et qu'ils ont largement employé pendant leur campagne chez Bain : une main saisissant un paquet d'argent.

Les implications de leur approche sont devenues très claires à l'avenue de Bain, où leur campagne a été basée sur l’exploitation de la passivité et des craintes des personnes. L’approche a aussi été basée sur la démoralisation latente soutenue des longues, interminables luttes chez Bain, plutôt que la construction des points forts des personnes. Aux moments cruciaux, pour les dépanner, leur appel était toujours à l'état. Dans la mesure où leur organisation a produit quelconque résultat, elle a réussi seulement d’opposer les gens de la classe ouvrière contre quelques personnes sur l'aide sociale et un groupe d'activistes de la bourgeoisie. C’était seulement leur manque d’appui important qui les a empêcher de détruire la solidarité qui a existé parmi les personnes de la coopérative de Bain. En cours d'essai, ils se sont montrés comme un modèle de l’étroite section politique qui s’intéresse à rien d’autre que son propre dogme et son auto-glorification. Il est à l'honneur de la Communauté de Bain qu'ils ont rejeté la politique que le groupe des ‘Salaires pour les travaux domestiques’ les ont offert et en ce faisant, ils ont développé un sens accru de leur propre objectif et puissance.

(1) Le groupe de gel des loyers, a en fait distribué le premier article que j'ai écrit sur la lutte (pour ‘Seven News’, le journal local) avec leur propre documentation.

(2) Par exemple leur documentation a mis accent sur la suggestion que si la vieille chaudière pour les appartements devait s'éclater, les résidants devraient débousser plus de $100.000 de leurs propres poches pour en acheter une nouvelle. En fait, la chaudière est couverte par une assurance.

Traduit de l'anglais par Dilshad Peerun.


D'abord publié dans le volume 2, numéro 1 (été 1977 d'émission) des The Red Menace.
Pour plus sur le Bain Co-op, consultez le
Bain Co-op site Web.


Voir aussi: Reply from Wages for Housework

Voir aussi: Ulli Diemer's response to Wages for Housework


También disponible en español: La Cooperativa Bain se enfrenta al Grupo de Remuneración por el Trabajo.

Aussi disponible en anglais: Bain Co-op Meets Wages for Housework: A Political Thriller.



Ulli Diemer
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Subject Headings: Community Organizing - Co-operative Housing - Co-operatives - Housing - Housing Costs - Tenants - Toronto/Historical - Toronto/Ward Seven